C’est quoi une névralgie… et sont‑elles toutes les mêmes ?
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Dernière mise à jour : il y a 6 jours
Imaginez un câble électrique dont la gaine serait irritée ou écrasée : le courant passe mal et déclenche des étincelles. Dans le corps humain, une névralgie, c’est un peu la même chose. Le « câble », c’est le nerf, et la douleur peut surgir comme une décharge, une brûlure ou un éclair fulgurant.

Les névralgies sont fréquentes, parfois très impressionnantes, mais elles ne sont ni toutes identiques, ni toutes dues aux mêmes causes.
Bonne nouvelle :
Dans beaucoup de cas,
comprendre quel nerf est en cause
permet d’agir efficacement.
1. Qu’est‑ce qu’une névralgie ?
Une névralgie est une douleur liée à l’atteinte d’un nerf périphérique. Cette atteinte peut être due à une inflammation/irritation, une infection ou une compression du nerf, voir même dans certains cas elle peut être due a une cause plus globale, c’est à dire systémique, comme des maladies neurologiques et métaboliques.

Concrètement, cela signifie que le nerf est irrité, comprimé ou sensibilisé dans son environnement. Le nerf n’est pas forcément « abîmé », mais il réagit à une contrainte.
Ce qui la caractérise
la douleur suit le trajet du nerf concerné (ou est parfois sur une portion de ce trajet) ;
elle peut être continue ou par crises ;
elle est souvent décrite comme :
une décharge électrique,

une brûlure,

une douleur vive, lancinante ou fulgurante.


Les patients utilisent souvent des images très parlantes :
« coups de jus », « douleur qui fuse », « brûlure interne ».
Ces descriptions ne sont pas exagérées : le système nerveux fonctionne par transmission électrique, ce qui explique ces sensations si particulières.
2. Toutes les névralgies se ressemblent‑elles ?
Non, et c’est un point essentiel à comprendre.
Tout dépend du nerf atteint et de sa fonction.
Un nerf sensitif donnera surtout des douleurs, fourmillements, brûlures, …
Un nerf moteur peut entraîner une faiblesse musculaire, de contracture, …
Un nerf mixte peut associer douleurs et troubles moteurs.
Ainsi, une névralgie peut se manifester par :
des douleurs fulgurantes très brèves (comme un éclair),
des douleurs diffuses mais constantes,
des sensations étranges : engourdissement, picotements, impression de courant électrique.

C’est pour cette raison que deux personnes souffrant d’une névralgie portant le même nom peuvent décrire des ressentis très différents. La localisation, l’intensité, la durée des crises et les facteurs déclenchants varient énormément d’un individu à l’autre.
Comme les nerfs parcourent tout le corps, les névralgies peuvent toucher la tête, le cou, le thorax, le bassin ou les membres.
3. Les principales névralgies
a) La névralgie cervico‑brachiale

Elle concerne un nerf issu de la région cervicale et se manifeste le plus souvent par une douleur qui part du cou pour descendre dans l’épaule, le bras ou l’avant‑bras.
Concrètement, la personne peut ressentir :
une douleur qui irradie le long du bras,
des fourmillements dans la main,
une gêne augmentée par certains mouvements du cou.
souvent unilatérale ;
Elle peut parfois être confondue avec un syndrome du canal carpien.

comme si un fil partant du cou était trop tendu et envoyait des signaux douloureux jusqu’à la main.
b) La névralgie faciale (nerf trijumeau)

Elle touche le nerf trijumeau, principal nerf sensitif du visage, qui il a également une fonction motrice au niveau de la mâchoire.
Concrètement, la personne peut ressentir :
des douleurs intenses, brèves mais répétées ;
souvent déclenchées par le toucher, la mastication ou la parole ;
la douleur peut surgir sans prévenir, puis disparaître brutalement.
presque toujours d’un seul côté du visage.

C’est l’une des névralgies les plus douloureuses connues en médecine.
c) La névralgie d’Arnold (arnoldalgie)

Elle concerne le nerf d’Arnold situé à la base du crâne et à l’arrière de la tête.
Concrètement, la personne peut ressentir :
des douleurs en arrière du crâne,
Parfois des irradiations vers l’œil ou le sommet de la tête,
Fréquemment une hypersensibilité du cuir chevelu.

Certains patients décrivent une douleur « comme si on tirait sur les cheveux de l’intérieur » ou comme la sensation « d’un casque trop serré »
d) La névralgie pudendale

Elle concerne le nerf pudendal, situé dans le bassin.
Concrètement, la personne peut ressentir :
des douleurs dans la région périnéale, génitale ou urinaire,
une aggravation nette en position assise,
un soulagement partiel en position debout ou allongée.

Cette névralgie est encore mal connue, mais elle est pourtant très invalidante au quotidien.
e) La névralgie intercostale

Elle touche les nerfs qui cheminent entre les côtes.
Concrètement, la personne peut ressentir :
une douleur vive et localisée sur un côté du thorax,
augmentée par la respiration profonde, la toux ou certains mouvements.
Parfois juste un point précis ou alors un trajet de l’arrière du dos au devant thorax c’est a dire sur tout le trajet du nerf.

Elle peut être très anxiogène, car elle est parfois confondue avec une douleur cardiaque, alors que son origine est nerveuse et mécanique.
f) La cruralgie

La cruralgie touche le nerf crural (ou fémoral).
Concrètement, la personne peut ressentir :
des symptômes sur l’avant (voir l’intérieur) de la cuisse,
parfois le genou ou la jambe,
avec des douleurs, des fourmillements ou une sensation de brûlure.

On peut la comparer à une sciatique, mais située à l’avant de la cuisse.
g) La sciatique

La sciatique est liée à l’atteinte du nerf sciatique, le plus volumineux du corps.
Concrètement, la personne peut ressentir :
une douleur dans la fesse,
une douleur à l’arrière de la cuisse,
une douleur parfois jusqu’au pied.
souvent tout ca en même temps.

Elle peut s’accompagner de sensations électriques, de troubles moteurs, de brûlures ou d’engourdissements.
4. Pourquoi une névralgie apparaît‑elle ?
Les causes d’une névralgie sont variées, et il est essentiel de le préciser.
Certaines névralgies peuvent être liées à des causes inflammatoires, infectieuses, traumatiques ou à des pathologies spécifiques.
Dans ces situations, la douleur peut être très intense ou le contexte trop particulier pour relever d’une prise en charge manuelle.
Heureusement dans la majorité des cas, les causes ne sont pas graves.
Très souvent, la névralgie est liée à un déséquilibre mécanique local :
une articulation qui a perdu de sa mobilité,
un segment qui bouge moins bien,
des tissus environnants qui s’adaptent.

Lorsqu’une articulation fonctionne moins bien, cela peut entraîner des contraintes locales, une irritation des tissus voisins et, par proximité, une sensibilisation du nerf.
Le nerf, structure très réactive, exprime alors cette contrainte par la douleur.
La douleur névralgique est donc souvent le signal d’un dysfonctionnement, et non une maladie du nerf lui‑même. La cause doit donc toujours être recherchée.

5. Quelle prise en charge ? Et quelle place pour l’étiopathie ?
La prise en charge d’une névralgie dépend toujours de sa cause !
Selon les situations, un traitement médicamenteux, une prise en charge médicale spécifique ou une rééducation peuvent être nécessaires.
L’étiopathe a également un rôle essentiel de tri : lorsqu’une névralgie ne relève pas de l’étiopathie, le patient est réorienté vers le professionnel de santé adapté. Cette capacité d’identification fait partie intégrante de la prise en charge.
L’approche étiopathique
L’étiopathie intervient lorsque l’origine est mécanique.

Elle vise à :
Identifier précisément la cause du trouble,
Déterminer s’il s’agit d’un dysfonctionnement mécanique et le cas échéant d’identifier la perte de mobilité responsable,
Agir manuellement pour restaurer la mobilité et réduire les contraintes exercées sur le nerf.
6. Conseils pratiques : soulager et prévenir les névralgies
Lorsqu’on souffre d’une névralgie, il est légitime de chercher à la fois à soulager la douleur et à éviter qu’elle ne revienne. Même si chaque situation est différente, certains principes généraux permettent d’agir de manière pertinente, en complément d’une prise en charge adaptée.
L’idée n’est pas de « forcer malgré la douleur », mais au contraire de comprendre ce que le corps exprime et d’adopter des comportements qui respectent le système nerveux, souvent déjà très sollicité.
Prévenir l’apparition des névralgies
Entretenir la mobilité articulaire :
Le corps est conçu pour bouger, et lorsqu’une articulation perd de sa mobilité, cela peut créer des contraintes locales qui, à terme, sensibilisent les nerfs voisins. Bouger régulièrement, même de façon simple, permet de limiter ces phénomènes.
Éviter les positions prolongées :
En particulier les positions assises ou asymétriques, est un point clé. Rester longtemps dans la même posture favorise les tensions mécaniques. Changer régulièrement de position aide à répartir les contraintes et à préserver l’équilibre du corps.
S’échauffer avant une activité physique :
Cela permet de préparer progressivement les tissus et le système nerveux à l’effort. Un échauffement adapté réduit le risque de réactions douloureuses brutales, notamment chez les personnes sujettes aux névralgies.
Respecter les signaux d’alerte du corps :
Raideurs inhabituelles, douleurs persistantes ou sensations électriques ne doivent pas être banalisées. Les écouter permet souvent d’agir avant que la douleur ne s’installe durablement.
En cas de névralgie déjà installée
Éviter de forcer malgré la douleur :
Forcer sur une zone douloureuse peut entretenir l’irritation nerveuse et aggraver les symptômes.
Adapter temporairement les postures et les gestes du quotidien :
Cela peut passer par des ajustements simples : modifier une position de travail, réduire certaines amplitudes ou faire des pauses plus fréquentes.
Privilégier des mouvements doux et progressifs :
Afin maintenir une mobilité sans brusquer le système nerveux. L’objectif n’est pas l’immobilité totale, mais un mouvement respectueux des capacités du moment.
Consulter pour identifier la cause :
plutôt que chercher uniquement à masquer la douleur, est une étape déterminante. Comprendre le mécanisme en jeu permet d’agir de façon plus ciblée et durable.
Agir précocement :
plus une névralgie est prise en charge tôt, plus il est facile d’en réduire l’intensité, la durée et le risque de récidive.
7. En résumé
La névralgie n’est pas une fatalité.
Elle est le message d’un système nerveux réactif, souvent en lien avec un dysfonctionnement mécanique identifiable.
Comprendre l’origine de la douleur permet d’agir de manière ciblée et cohérente, dans un parcours de soins adapté à chaque situation.
Sources scientifiques et médicales
INSERM – Douleurs neuropathiques, dossiers d’information (dernières mises à jour disponibles).
MSD Manual (Manuel MSD) – Neuralgia, Peripheral nerve disorders.
HAS – Prise en charge des douleurs chroniques.
Mayo Clinic – Neuralgia and neuropathic pain, revues cliniques.
Pour joindre votre étiopathe, vous pouvez prendre rendez vous en ligne (lien) ou composer le 07 67 74 19 91.
Rendez vous au cabinet de Bordeaux : 101 rue André Lamandé !
À très bientôt !!


















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